Résurrection

Publié le

Résurrection

 

Parler de résurrection,

c’est d’abord évoquer celle de Jésus Christ,

mais aussi la mienne.

 

.Emmaüs

 

Résurrection de Jésus Christ

 

La résurrection de Jésus Christ est-elle de l’ordre de la croyance ou du fait ?

Croyance. Issu du latin credentia, de même sens : action de croire une chose vraie ou possible ; assentiment de l’esprit qui exclut le doute. La croyance est d’ordre intellectuel et ne présuppose pas le temps et l’espace, bien que son support se situe toujours dans ceux-ci.

Fait. Issu du latin factum, participe neutre du verbe facere = faire. D’abord action humaine, puis ce qui est arrivé, ce qui existe réellement. Le fait est d’ordre de l’action, donc toujours situé dans le temps et dans l’espace. Il est l’histoire, il fait l’histoire.

Si la croyance suppose la foi, l’interprétation du fait de la résurrection la suppose aussi, mais si la résurrection est un fait, elle s’inscrit dans l’histoire et peut donc s’interpréter en dehors de la foi. Ainsi, l’interprétation du fait de la résurrection de Jésus Christ se comprend sur 2 niveaux.

 

La résurrection de Jésus Christ est une croyance

 

La foi est nécessaire pour la comprendre.

Cette idée s’appuie sur des récits du nouveau Testament qui en parlent.

La résurrection de Jésus Christ se fit sans témoin oculaire.

Qu’est-il advenu de son corps ? Qui avait intérêt à vider le tombeau ? En Matthieu, les soldats qui le gardent relèvent plus du genre littéraire que d’un fait.

Jésus Christ est apparu à des croyants et non pas à des personnes qui doutaient de la valeur de son message ou qui l’approuvaient, sans être considérées comme ses disciples : Nicodème, Joseph d’Arimathie. Jésus Christ réserve ses apparitions aux membres de sa secte.

Les témoins divergent sur la description de la résurrection de Jésus Christ. Quelle crédibilité leur accorder ?

La résurrection se vit dans la foi.

 

La résurrection de Jésus Christ est un fait

 

Toute personne peut le constater en lui donnant un sens.

Dans l’histoire des Nations, bien des faits connus par leur conséquence, eurent lieu sans témoin oculaire. Un bateau qui coule en mer. Un avion qui tombe à l’eau. Une personne disparue retrouvée morte, dont le décès est accidentel. Et combien d’autres, de type différent.

Si les évangélistes ont rapporté un fait, la disparition du corps pose plus de problèmes qu’elle n’en résout. Bien des fois, elle est présentée comme une preuve irréfutable du fait de la résurrection de Jésus Christ. Il y a là un mystère scientifique qui semble rester à jamais sans réponse.

Dans bien des religions, l’apparition d’une personne considérée comme morte, à une personne vivante, suppose que cette dernière croit à la 1ère, lui porte une sympathie particulière, est déjà en communion avec elle. Cette relation immatérielle suppose une reconnaissance, car l’apparition est vue par une personne ou un groupe de personnes, et reste invisible par l’entourage immédiat des voyants.

Comme devant tout fait, le témoin le raconte en fonction de son passé ; ce qu’il a vu et retenu diverge naturellement de ce que ses co-témoins peuvent en dire, car chaque personne a une histoire propre, a son histoire.

La foi s’appuie sur l’histoire de l’homme et non sur sa croyance.

 

Temps et lieu de la résurrection de Jésus Christ

 

Si en Matthieu 27/41, les bandits crucifiés avec lui l’injurient, en Luc 23/39-43, Jésus promet au bon larron : en vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis.

Cette opposition semble plus littéraire qu’historique.

Pour l’hébraïsant Matthieu, l’homme est bon, Jésus, ou méchant, les malfaiteurs.

Pour l’helléniste Luc, l’homme est bon et méchant. Cette notion fut largement reprise par Paul dans ses épitres et par les Pères grecs et latins. Elle reste une des bases de la théologie chrétienne.

Pour un juif du temps de Jésus Christ, le paradis est le lieu où le juste défunt attend sa résurrection, autrement dit la vision béatifique, la rencontre de Dieu.

Mais comment imaginer qu’en dehors du temps et de l’espace humain il y ait un autre temps, la fin des temps, et un autre lieu, le paradis, même s’ils restent provisoires.

Dieu, union de l’essence et de l’existence, est forcément en dehors du temps et de l’espace.

Mort et résurrection se confondent donc, sans temps intermédiaire.

Cette approche laisse sans réponse le contenu de la vision béatifique. J’attends de voir.

 

Ma résurrection

 

Le jugement dernier. Matthieu 25/31-46.

A l’origine de discours religieux aussi virulents que grotesques, d’œuvres d’art aussi variées que plaisantes, ce texte relève plus du genre littéraire que j’appellerais apocalyptique, que d’une réalité spirituelle.

Comment imagier la réunion de tous les humains qui ont vécu, à la fin des temps ? Où se trouvent-ils entre leur mort et ce jugement, puisqu’ils sont hors de la vision béatifique ? Comment seront jugés ceux qui ignorèrent le message biblique ?

Autant de questions qui s’associent plus à la querelle sur le sexe des anges, qu’à une vision paisible de la théologie de l’histoire.

Si la vision béatifique est ma finalité, alors, comme pour Jésus, ma mort et ma résurrection se confondent.

Comme réalité spirituelle, le jugement dernier doit s’interpréter comme mon dernier jugement sur mon action humaine.

Comme pour les ouvriers de la 11e heure, Matthieu 20/1-16, l’essentiel est le travail à la vigne de Dieu, quel qu’en soit la nature et la durée.

Au témoignage de bien des personnes, il arrive souvent que le vivant, dans son dernier souffle, revoie sa vie comme un film et murmure des paroles qui semblent incohérentes à celles qui l’entourent. Je pense que c’est là la préparation de mon jugement dernier. Je fais mon propre bilan, essence et existence confondue, comme pour Dieu, en présence de Dieu.

Une personne peut-elle être privée de la vision béatifique ? Y a-t-il des degrés dans la vision béatifique ?

Comme dit la sagesse populaire, personne n’en est revenue. Et je m’abstiendrai de faire le malin. Le mystère de la résurrection se situe à ce niveau.

Une chose reste certaine, mon passage de l’étant à l’être ; mon accomplissement est l’union de mon essence et de mon existence, de ma nature d’homme achevée, devant Dieu.

Parler avec un mort qui m’est cher.

Ce phénomène est à rapprocher des paroles de Jésus Christ, entre sa résurrection et son ascension. A noter cependant que la vision de ce mort est conforme à celle que j’avais de lui, lorsqu’il vivait sur terre.

Si j’en crois les récits qui en sont faits, cette apparition est toujours celle d’une personne qui m’est proche, jamais celle d’un étranger.

 

Ainsi, je reviens aux apparitions de Jésus entre Pâques et l’Ascension.

Denis Jeanson

www.denisjeanson.fr

Publié dans théologie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article